«Prima i nostri». En français: «D’abord les nôtres». En acceptant par 58%, dimanche 25 septembre, cette initiative de l’UDC, le peuple du Tessin réplique de façon cinglante à la mélasse que nous a livrée le Conseil national, trois jours plus tôt, en guise d’application de l’initiative du 9 février 2014. Ce jour-là, à Berne, le Parlement, renonçant aux principes de contingents, pourtant dûment contenu dans le texte voté par le peuple, a clairement contourné la décision du souverain.
Il s’agira, le jour venu, de s’en souvenir. Pas seulement lors des prochaines élections, mais surtout en accentuant la mise en œuvre, par tous les moyens, en Suisse, de la démocratie directe. Lorsque les élus méprisent le peuple, l’effet sur la confiance qu’on leur porte est dévastateur. Laissons-les entre eux, à la fin, puisqu’ils ont l’air de si bien s’entendre dans leur palais des glaces, aérons notre démocratie, formons des comités de citoyennes et citoyens, faisons la politique nous-mêmes!
C’est justement la leçon que nous donnent les Tessinois. «Prima i nostri», c’est une initiative de préférence cantonale, enjeu que nous connaissons parfaitement à Genève. Les Tessinois en ont plus qu’assez de l’ouverture des frontières, et de l’invasion lombarde sur leurs emplois locaux. Par la voix de la démocratie directe, ils le disent. C’est un acte fort, citoyen. C’est toute la noblesse de proximité de l’action politique. Loin de la molasse bernoise. Et des accointances consanguines, sous la Coupole.