COMMENTAIRE - Appétit de cannibale

  • Pascal Décaillet. dr

    Pascal Décaillet. dr

L’Entente genevoise pète la forme. Et affiche même, ces temps, un appétit de cannibale. Ne vous fiez pas à ses allures de vieille dame fragile: malgré ses sept ou huit décennies, l’Entente est encore capable de dévorer la vie.

L’Entente, c’est l’alliance entre PLR et PDC. Elle a traversé les années, œuvré à la prospérité de Genève, connu des périodes d’hégémonie, repues, notariales, joufflues. Elle a su jouer de son embonpoint, le perdre parfois, retrouver le goût du combat, puis à nouveau s’assoupir. L’Histoire de l’Entente est celle de la Genève de l’Après-Guerre, la croissance, les Trente Glorieuses, le baby-boom, les saisonniers, les comptes d’épargne, les pique-niques à la campagne. L’Entente, c’est un tableau de Renoir, les années bonheur, le canotage comme jouissance suprême.

Donc, l’Entente part, dans la course au Conseil d’Etat, avec cinq candidats. Pour décocher… cinq des sept sièges! Nathalie Fontanet, Pierre Maudet, Alexandre de Senarclens pour le PLR. Serge Dal Busco, Luc Barthassat, pour le PDC. Que du bonheur!

L’un ou l’autre esprit chagrin, atrabilaire, chercheur de vaine noise, pourrait se risquer à y voir une forme d’arrogance. Il aurait évidemment tort. Hors de l’Entente, point de salut. Entre la férocité révolutionnaire de la gauche et les Gueux de la Nouvelle Force, vive la Sainte Tranquillité des installés. L’Entente rêve de nous bouffer, tous. Et la meilleure, c’est qu’elle a des chances d’y parvenir!