A Versoix, la fermeture de commerces inquiète

Après la fermeture de la boulangerie, c’est au tour de Fust d’annoncer son départ de Versoix. De quoi allonger la liste des commerces absents de la commune, où l’on ne trouve pas non plus de boucherie ou encore de magasin d’habits. Des annonces de fermeture à l’origine d’une avalanche de réactions, notamment sur les réseaux sociaux, d’habitants craignant une tendance dans laquelle l’activité en général est en perte de vitesse.

  • Versoix en 2012. (Photo Dietrich Michael)

«Encore une fermeture... quelle tristesse! On a l’impression que la ville devient sinistrée», regrette un trentenaire. «On ne peut plus vraiment se garer à Versoix, donc nous allons faire nos achats ailleurs», avance une autre habitante. «C’est désolant pour une ville comme Versoix. Nous n’avons pas non plus de jeux dignes de ce nom pour nos petits», ajoute une mère de famille. «Faudra-t-il continuer à traverser à 30 km/h la route de Suisse déserte de tout établissement? Ou bien?», résume un internaute.
Contactée, la Mairie reconnaît que la situation actuelle interpelle mais refuse de peindre le diable sur la muraille. «Nous déplorons ces départs. Il est toujours gênant d’être confronté à des fermetures de commerces ou à des arcades qui restent vides. Pour autant, la situation actuelle n’est pas une source d’inquiétude: jusqu’ici, la rotation est généralement bien assurée. Et puis, en plus des grandes enseignes, nous avons tout de même un marché deux fois par semaine, où l’on peut acheter de la viande, du poisson, des fromages…», rassure le maire de la commune, Cédric Lambert.

Centre commerciaux

Qui rappelle que la problématique n’est pas cantonnée à Versoix: «C’est un phénomène qui touche de nombreuses communes et qui est également lié à la concurrence du e-commerce. Cela demande une véritable réflexion à l’échelle globale.» L’élu pointe également la concurrence des grands centres commerciaux, situés non loin (Chavannes, Balexert), mais aussi les commerces de France voisine et leur accessibilité, qui poussent de nombreux habitants à prendre leur voiture. Enfin, la Municipalité rappelle qu’elle n’est pas propriétaire des locaux commerciaux (hormis quelques exceptions), et qu’à ce titre, ce n’est pas son rôle d’attribuer telle ou telle activité à un lieu.
Mais pas de quoi rester les bras croisés pour autant. Déterminée à faire évoluer les choses, Versoix affirme faire son possible là où elle le peut. A commencer par les locaux commerciaux dont sa fondation communale Samuel May est propriétaire. Ainsi, à l’emplacement où se trouvait la boulangerie récemment fermée, les autorités disent œuvrer pour qu’un commerce similaire ouvre ses portes. Pour cela, la commune peut compter sur sa «déléguée à la promotion économique», un poste créé en 2012. Sa mission: renforcer les liens entre les acteurs économiques et les autorités publiques, mais aussi faciliter l’implantation de nouvelles entreprises et des commerces. La mairie lance aussi régulièrement des actions ponctuelles, par exemple avec un système de bons de solidarité durant le Covid 19: opération qu’elle souhaite relancer l’hiver prochain pour soutenir les petits commerçants.

Confiants

Enfin, interpellée sur le réaménagement du centre et le manque de places de parking, la Mairie défend son action et considère qu’avec une zone bleue macaron généralisée dans la partie urbaine, un parking couvert de 400 places au Centre-Ville, une centaine places au parking de la Scie à côté du Bourg et au parking Bordier, proche de Port-Choiseul, l’accès au stationnement ne doit pas avoir d’impact négatif sur les commerces. «Avec les 30 km/h sur la route de Suisse et la fermeture à l’essai du tronçon de la zone 20 km/h à la place de Gare, notre Ville est devenue bien plus agréable pour les piétons et la mobilité douce, mais aussi pour les habitants, ce qui favorise généralement les commerces.  Nous sommes donc confiants pour la suite du développement des commerces et services», conclut Cédric Lambert.