Famille menacée d’expulsion à cause d’un filet à chat

BELLEVUE • Un couple avec trois enfants risque de perdre son bail parce qu’il refuse de retirer du balcon la protection de sécurité pour chat. Nous ne faisons qu’appliquer le règlement, explique la régie. Explications.

  • Dans un immeuble de Bellevue, cette installation est considérée comme un «objet hétéroclite» inesthétique». DR

    Dans un immeuble de Bellevue, cette installation est considérée comme un «objet hétéroclite» inesthétique». DR

  • Dans un immeuble de Bellevue, cette installation est considérée comme un «objet hétéroclite» inesthétique». DR

    Dans un immeuble de Bellevue, cette installation est considérée comme un «objet hétéroclite» inesthétique». DR

«Je n’ai pas obéi à ma régie lorsqu’elle m’a fait savoir que je devais retirer le filet de protection sécuritaire pour chat de mon balcon au 2e étage dans mon logement à Bellevue. Du coup, je risque de perdre mon bail!»

«Objets hétéroclites» interdits

Elodie et sa petite famille, composée de trois enfants et trois chats, sont estomaqués par la mise en demeure que lui a signifiée sa régie en avril dernier s’ils n’obtempéraient pas d’ici au 2 juin prochain. «Elle va nous mettre à la rue pour un filet à chat! Je crois rêver. Je préfère trouver un autre appartement plutôt que de prendre le risque qu’un de mes chats tombe du balcon et qu’il blesse un passant!»

«Mon bail ne mentionne aucune interdiction d’installation de protection pour les animaux, s’étonne encore Elodie. Ce n’est que lorsque la régie m’a ordonné de tout retirer que j’ai pris connaissance d’une réglementation rappelant qu’il est interdit d’utiliser les balcons à destination de débarras et d’y entreposer des objets hétéroclites. Pourtant, le filet que j’ai installé est loin d’être hétéroclite, sa vocation est de protéger les animaux!»

Les limites

Interrogée, la régie confirme la menace de résiliation du bail de cette famille et s’en explique. «Nous ne faisons qu’appliquer le règlement établi dans le canton de Genève concernant la vie de l’immeuble et l’esthétique», détaille la responsable de l’immeuble. Elle rappelle aussi que d’autres locataires dans le même immeuble, n’ont, eux, pas rechigné à retirer les filets de protection pour chats. «Cette famille a installé de surcroît une sorte de cage horrible qui n’a rien à voir avec les traditionnels et discrets filets de protection, fait-elle encore remarquer. Il n’est pas admissible d’accepter ce genre d’installation inesthétique. Le risque, c’est aussi ouvrir une boîte de Pandore. Nous tolérons des protections pour chats sur les balcons mais pour autant qu’elles soient discrètes et que leur installation n’abîme pas les murs. Malheureusement, nous avons en effet dû informer cette famille du risque de la résiliation du bail pour manquement au devoir de diligence.»

"Cinq chats tombent par semaine"

«Je suis étonnée par tant de sévérité et d’incompréhension de la régie, s’indigne Valérie Derivaz, présidente de l’association SOS-Chats. En l’absence de toit au-dessus de ce balcon (photo), ce filet a obligatoirement dû être fixé sur une armature en aluminium en forme de cube et non pas directement sur la paroi en béton du balcon. Comment faire autrement?» Valérie Derivaz est d’autant plus surprise que les filets à chats se répandent dans le canton justement à cause d’une hausse des chutes: «J’ai en moyenne cinq interventions par semaine dues aux chutes de chats des balcons ou fenêtres. Alors si aujourd’hui on empêche les locataires de protéger leur animal, où va-t-on?»