L’inactivité physique menace la santé des jeunes élèves

Des chercheurs de l’Université de Genève ont suivi 1200 élèves du canton pendant deux ans. Résultat: les enfants perdent leur motivation à se dépenser physiquement dès 9 ans. Explications.

  • Pratiquer une activité physique est bénéfique pour le corps et l’esprit. 123RF/SERGEY NOVIKOV

    Pratiquer une activité physique est bénéfique pour le corps et l’esprit. 123RF/SERGEY NOVIKOV

Le chiffre fait froid dans le dos. En seulement deux décennies, les capacités cardio-respiratoires des enfants ont diminué de 25%, selon une étude de l’Université d’Adélaïde en Australie. Les causes de cette inquiétante évolution? L’environnement social, la perte d’espaces de jeux, une approche plus académique de l’enseignement de l’éducation physique ou encore le développement des nouvelles technologies.

Motivations plus néfastes

Pour déterminer à partir de quel âge se déclenche l’inactivité physique, des chercheurs de l’Université de Genève ont suivi pendant deux ans 1200 élèves genevois, âgés de 8 à 12 ans. Ils ont constaté que dès l’âge de 9 ans, les bonnes raisons de se dépenser reculaient au profit de motivations plus néfastes: avoir une bonne note ou améliorer son image auprès des autres.

«Pour la première fois, nos résultats démontrent une forte baisse des motivations positives pour l’activité physique, comme le plaisir ou la santé, sur la période de l’école primaire, note Julien Chanal, chercheur à la section de psychologie de la Faculté de psychologie et des sciences de l’éducation (FPSE) de l’Unige. Ce déclin n’avait jamais été constaté si jeune!»

Enseignement à revoir

Comment lutter contre cette tendance? Il convient d’analyser l’enseignement prodigué dans les classes primaires comme le rappelle Julien Chanal: «Ces dernières décennies, l’enseignement de cette discipline a beaucoup changé, rendant les périodes de cours plus académiques, avec l’apprentissage des règles, du fonctionnement moteur, de l’entre-aide, etc. Mais ceci a un coût direct pour l’enfant, en réduisant les temps effectifs de pratique en activité modérée à vigoureuse déjà rares en dehors de l’école.» Et d’ajouter: «Maintenant que les enfants ne bougent plus autant qu’avant en dehors de l’école, il est primordial que les périodes de cours dédiées à l’éducation physique valorisent au maximum le mouvement.»

Le message a-t-il été entendu? Réponses attendues ces prochains mois.