A l’arrêt en mars, impacté par des baisses de commandes les mois suivants, le secteur de la construction tourne à nouveau à plein régime. Nicolas Rufener, secrétaire général de la Fédération genevoise des métiers du bâtiment (FMB), confirme: «La construction se porte globalement plutôt bien, surtout en comparaison avec d’autres secteurs qui ont gravement souffert et souffrent encore de la situation pandémique. Avant la survenance de la crise, les carnets de commandes étaient bien remplis et l’activité battait son plein. Nous sommes actuellement dans cette continuité, avec quelques incertitudes car les nouvelles commandes ont un peu ralenti et certains projets sont reportés. Mais les perspectives demeurent positives avec des importants besoins qui ne se démentent pas (logements, équipements, infrastructures, rénovations, assainissements énergétiques, etc.).»
Entreprises flexibles
Serge Hiltpold, directeur de l’atelier de menuiserie et d’agencement éponyme, nuance: «La demande générale est bonne, mais il est parfois difficile de réaliser les travaux, en raison de certains reports ou décalage des chantiers liés à la problématique Covid.»
La situation sanitaire actuelle n’est donc pas sans effet sur le secteur, mais les entreprises ont su s’adapter. Aujourd’hui, elles craignent moins une nouvelle fermeture des chantiers comme ce fut le cas en mars dernier. «Les différents acteurs de l’acte de construire ont su adapter leur façon de travailler et des solutions sont trouvées pour la prise en charge des coûts supplémentaires, précise Nicolas Rufener. De surcroît, il vaut mieux un arrêt qui donne notamment accès au chômage technique (indemnités RHT), que la poursuite des activités à des conditions impossibles à respecter pour les entreprises, qui doivent alors assumer intégralement ce risque.»
Les mesures de protection sanitaires réduisent donc l’efficience des travaux. C’est pourquoi l’institut d’études conjoncturelles BAK Economics table toujours sur un repli de 3,1% de l’activité dans la construction cette année en Suisse, suivi d’une baisse de 1,8% en 2021.
Perspectives réjouissantes
A Genève, les perspectives pour l’année prochaine semblent néanmoins plus réjouissantes: «Il peut y avoir un phénomène de rattrapage dû à des reports de travaux d’entretien ou de rénovation, note Serge Hiltpold. Cela étant, il faut rester très prudent car certains propriétaires ont perdu des loyers. Le problème à Genève dépend des recours systématiques, souvent abusifs contre les projets.» Un avis partagé par le secrétaire général de la FMB: «Si le coronavirus nous laisse en paix, les perspectives sont positives. Il faudrait aussi que les procédures soient plus fluides et linéaires pour éviter des coups d’arrêts brutaux de projets sur lesquels les entreprises comptent comme une autorisation de construire refusée ou un projet subitement enterré par le politique. A plus long terme, la raréfaction des terrains constructibles dans notre canton est un vrai problème.» Un problème pour lequel il n’existe aucun vaccin…