Aide à domicile: avenir incertain pour les renforts embauchés

Durant la crise sanitaire, l’Institution genevoise de maintien à domicile a créé pas moins de 60 postes. Grâce à un crédit voté par le Grand Conseil, ceux-ci sont garantis jusqu’à fin juin. Et après?

  • La longueur de la crise sanitaire a eu un impact non négligeable sur la santé physique et psychique des employés de l’IMAD. IMAD

    La longueur de la crise sanitaire a eu un impact non négligeable sur la santé physique et psychique des employés de l’IMAD. IMAD

L’année qui vient de s’écouler n’a pas été de tout repos pour le personnel de l’Institution genevoise de maintien à domicile (IMAD). Sur le terrain, loin des polémiques concernant la rémunération de la directrice, les équipes ont vu leurs tâches se renforcer et se diversifier. Pour faire face, 60 postes ont été créés. Que vont-ils devenir? La direction de l’institution elle-même s’interroge. Interview de son directeur des projets stratégiques, Antoine Bazin.

GHI: On dit l’IMAD sous pression. Est-ce le cas?
Antoine Bazin:
Nous sommes toujours en niveau de crise 2. Même si on se prépare à retourner en niveau 1, nous restons mobilisés. Actuellement, nous avons toujours 20 à 30 patients Covid actifs en moyenne soignés en continu. En novembre, ce chiffre est monté à 150. L’IMAD avait alors dû mettre en œuvre le stade le plus élevé de son plan de crise.

– Concrètement, quel est le rôle de l’IMAD durant cette crise et comment a évolué l’activité?
– Pour protéger ses patients et pour éviter la surcharge des hôpitaux, l’IMAD a créé plusieurs dispositifs spécifiques. Il y a ainsi: Covid’home pour s’occuper des patients atteints du Covid-19; Covimad pour évaluer et coordonner les prises en charge des patients post-maladie Covid-19; InterCo qui assure le dépistage pour les personnes qui ne peuvent pas se rendre dans un centre. Et dernièrement: Vaccimad chargée de procéder à la vaccination à domicile. Tout ceci sans oublier ses 10’000 patients bénéficiant de l’ensemble de ses prestations.

– Comment le personnel a-t-il vécu cette année particulière?
– On relève de la fierté mais aussi un sentiment de fatigue important en lien notamment avec la longueur de la crise et son impact sur la santé physique et psychique. Pour répondre à cette situation, des mesures d’accompagnement ont été mises en place comme un soutien psychologique ou encore des jours de congé exceptionnels.

– Avec une telle hausse de l’activité, manquez-vous de personnel?
– Non, car en prévision de la deuxième vague, nous avons commencé à recruter pour des postes fixes, en CDD ou en intérim. En tout, 60 postes en lien avec la crise ont été créés. Le Grand Conseil a officiellement voté un crédit de 3,2 millions qui nous permet de repourvoir ces 60 postes durant six mois, jusqu’à juin 2021.

– Et après?
– C’est la grande question. D’autant que sur le canton, la population des 75 ans et plus, est vaccinée à près de 80%. A l’IMAD, cette population représente près de 50% de la patientèle. Difficile dès lors de savoir quel est le bon volume de ressources. D’un côté, les moyens financiers mis à disposition par le Canton ne sont assurés que pour six mois (pour le moment). De l’autre, si la pandémie redémarre, par exemple à cause d’un variant, et qu’on n’est pas prêt, la population ne le comprendrait pas. Pour trouver le bon équilibre, des discussions sont en cours avec l’Etat.